Tout le monde sait ce qu'est une banqueroute. D'après le Grand Larousse encyclopédique en 10 volumes, "banqueroute" vient de l'italien banca (banque...) et rotta : rompu. C'est une allusion au vieil usage de rompre le banc, qui, à l'époque, était le comptoir du banqueroutier. Aujourd'hui, faire banqueroute, c'est faire faillite. Synonymes : débâcle, déconfiture, krach. Avec le virus brownien, le nombre de faillites bancaires a étrangement augmenté. Un virus causeur de banqueroutes ?
Bizarrement, le mot "assuranceroute" n'existe pas : personne n'a envisagé qu'une compagnie d'assurance puisse faire faillite. Ou, devrait-on dire, personne n'avait envisagé... jusqu'à la faillite de la compagnie d'assurance américaine AIG au moment de la crise des subprimes (en français : des crédits immobiliers peu orthodoxes). Mais voilà, justement, à travers sa filiale londonienne, AIG ne faisait plus d'assurance, mais de la finance, et de plus une finance contaminée par le virus brownien (les contrats d'assurance sur risque de non remboursement - ou vente de CDS pour les initiés). Un peu comme les banques américaines qui ont disparu avec la crise financière (Lehman Brothers etc.). C'est donc une banqueroute, pas une assuranceroute. Donc en assurance, pas de faillite ?
Ce n'est pas ce que pensent les régulateurs européens, qui sont en train d'imposer des normes prudentielles drastiques aux assureurs européens. C'est bien connu : à celui qui n'est pas malade, on impose un traitement de choc pour l'affaiblir, tandis que les subclaquants (les compagnies américaines) sont maintenus sous perfusion. Magie de l'idéologie... Mais voilà, les normes prudentielles européennes sont aussi contaminées par la même maladie de la pensée que celle qui a tué les banques américaines (voir le post "Et si on décontaminait le système financier ?"). Veut-on créer artificiellement des assuranceroutes pour justifier des normes pathogènes.
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